(Sans titre)
1954
(Sans titre)
1954
Domaine | Dessin |
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Technique | Encre de Chine sur papier |
Dimensions | 21 x 28 cm |
Acquisition | Achat, 1999 |
N° d'inventaire | AM 1999-15 (1) |
Fait partie de l'ensemble |
Série de quatre dessins Série (Ensemble dissociable) |
Informations détaillées
Artiste |
Judit Reigl
(1923, Hongrie - 2020, France) | |
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Titre principal | (Sans titre) | |
Date de création | 1954 | |
Fait partie de l'ensemble |
Série (Ensemble dissociable) Série de quatre dessins | |
Domaine | Dessin | |
Description | Premier dessin de la série | |
Technique | Encre de Chine sur papier | |
Dimensions | 21 x 28 cm | |
Inscriptions | S.B.G. : Reigl | |
Notes | Ce dessin est présenté dans le même cadre que le AM 1999-15 (2) | |
Acquisition | Achat, 1999 | |
Secteur de collection | Cabinet d'art graphique | |
N° d'inventaire | AM 1999-15 (1) |
Analyse
Les premiers dessins automatiques de Judit Reigl s’inscrivent dans le cadre d’une invitation de la revue surréaliste Medium, qui lui propose, en 1954, de publier l’un de ceux-ci dans son numéro de janvier 1955. L’artiste, soucieuse de pratiquer une écriture automatique à la fois « psychique et physique » et cherchant à libérer un flux, les réalise par ensembles, à l’encre de Chine et sans aucune étude préparatoire. Seul compte le geste immédiat, non prémédité, souvent sinueux ou circulaire, imprimant sur le papier les tourbillons graphiques qui, au même moment, se retrouvent dans ses peintures. Aucune de ces encres, pourtant, n’est un préalable à la réalisation de ses toiles. Comme les peintures, de formats importants, qui sont des déflagrations et résultent de l’utilisation d’instruments inhabituels – souvent des morceaux de métal coudés leur conférant une complexité serpentine, quasi organique –, les encres gardent la trace du premier jet et se font l’expression de l’impulsion libératrice qui s’identifie à l’énergie universelle. Certainement stimulée par cette pratique, et toute à la volonté, dans les années qui suivent, d’expérimenter une écriture automatique totale, physique et psychique, en employant les mouvements du corps entier sur de grandes surfaces, Reigl délaisse le travail du dessin pour une peinture de projections directes, avec giclées de pâte sur la toile (série des Éclatements, 1955-1958). La réapparition du travail sur papier correspond, vers 1958, à une exposition à la galerie Van de Loo de Munich. La démarche de Reigl y est alors la même que sur toile : est visée la simplicité d’un geste unique, sans repentir, péremptoire, qui laisse sur un papier posé au sol la trace d’une éponge trempée dans l’encre ou dans une peinture vinylique, en incluant les incidents de son parcours. Les formes jaillissantes qui en résultent, d’un noir mat, épais, sont sommaires et puissantes ; elles affirment la même monumentalité austère que la série des Écriture en masse, peinte de 1959 à 1965. Le bel ensemble des encres réuni au Musée pour l’essentiel grâce à la générosité de Maurice Goreli, qui fit don de dix-sept grandes feuilles en 2000, est venu fortement étayer celui des peintures de cette artiste majeure de la scène parisienne.
Jean-Paul Ameline
Source :
Extrait du catalogue Collection art graphique - La collection du Centre Pompidou, Musée national d'art moderne, sous la direction de Agnès de la Beaumelle, Paris, Centre Pompidou, 2008
Bibliographie
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